lundi 14 juillet 2014

la coupe (du monde ?) est-elle pleine ?


Au petit matin, alerté de la manifestation hier soir à Paris, et surtout après avoir entendu la radio israélienne raconter qu'il s'y était entendu "mort aux juifs", j'ouvre l'application Le Monde...

Pour y constater que selon le fil d'actualité selon lequel les informations sont maintenant présentées, on trouve tout autre chose. 

Bon, je me raisonne, il y a quand même eu la finale de la coupe du monde hier soir, c'est quand même le 14 juillet, il y a les affaires intérieures, Sarkozy, mais quand même...on déroule, on déroule et on ne trouve pas ça.

Au passage de mes recherches, et avant de pouvoir atteindre la version parisienne de l'évènement, je tombe sur une dépêche anodine : des tirs de roquette font 8 morts dans le nord Sinaï.

Il s'agit de roquette de mortier (je ne suis pas un grand artificier mais je dirais au jugé qu'un tir de mortier est plus primitif que celui d'une roquette équipée pour atterrir à 60 voire 160 kms..).

Donc, un tir de mortier a fait huit morts. Israël, sur l'ensemble de son territoire est en train d'essuyer les tirs de bientôt un millier de roquettes, sans qu'il n'y ait mort directe ( deux personnes agées mortes d'attaque cardiaque du fait de la panique de devoir se rendre aux abris à déplorer quand même), et on manifeste à Paris contre Israël.

Un peu plus loin, sous la rubrique "Israël-Palestine" je trouve relatėe la manifestation de Paris, à laquelle selon la police ne participaient que 7000 manifestants, et au cours de laquelle, selon le grand quotidien jamais au grand jamais coupable de tomber dans l'alarmisme, ont eu lieu des échauffourées autour de la synagogue de la rue de la Roquette.

Les photos à l'appui montrent des manifestants armés de drapeaux de palestine et de simulacre de roquette peintes joliment en bleu ciel et blanc ( les couleurs de l'Argentine certainement...) et affublées, comme c'est délicat, de croix gammées tout aussi bleues. Les citations sont centrées sur les palestiniens massacrés par Israël tandis que le monde ( Le Monde ?) ne fait rien.

Autrement dit, calmez-vous, il n'y a pas eu d'appel au meurtre de juifs à Paris. C'est soit une information mensongère et manipulatrice du gouvernement Netanyahou, soit le fait de quelques petits extrémistes marginaux. De plus, ils n'ont dit cela que du fait du conflit Israël-Palestine. 

Israël est bien évidemment l'agresseur et l'entité qui utilise une force démesurée contre de pauvres populations civiles, Israël qui, comme l'exprimait il y a quelques jours Roger Waters, ce grand ami, massacre le peuple palestinien.

Quant aux roquettes, elles sont probablement, elles aussi, marginales.
Le fait qu'une d'entre elles ait coupé hier , au passage de son décollage depuis Gaza, l'électricité à quelques 40000 palestiniens n'est qu'une autre désinformation. C'est Netanyahou qui prive maintenant les palestiniens d'électricité , puisqu'il n'envoie pas les ouvriers (israéliens) de la compagnie d'électricité réparer les dégats.

Donc, on va écrire : si dans une manifestation, après qu'il ait été entendu "les juifs hors de France" une précédente fois, on entend aujourd'hui "mort aux juifs", cela voudrait dire que la prochaine fois, ce sont des juifs qui vont y laisser leur vie ? 

On voudrait pouvoir écrire cela. On voudrait que les choses soient progressives, et que ni Toulouse ni Bruxelles n'aient déjà eu lieu. On voudrait beaucoup que Le Monde soit le porte voix d'une France raisonnable, et que Hollande et Valls, apparemment amis d'Israël, soient une garantie de la possibilité de vivre raisonnablement et paisiblement son judaïsme en France.

J'ai pris la décision de quitter la France déjà en 1980, donc je suis parmi les moins qualifiés pour dire aux juifs de France ce qu'ils ont à faire.

Mais je ne cesse quand même de m'interroger. Pourquoi en tant que juif ne pas vivre en Israël ? Parce que le niveau des études, par exemple en high tech, n'y est pas bon ? Parce que le chômage y est élevé ? Parce que la vie y est dangereuse ? Parce qu'il n'y a pas vraiment de civilisation, de culture ?

Peut-être " "l'avantage " " ( j'ai mis des doubles guillemets) de la situation actuelle est qu'elle aidera les gens hésitants à prendre leurs décisions, elle aidera ceux qui pensent depuis longtemps à cela, à sauter le pas, et les autres auront au moins la chance que le pays soit actuellement gouverné par des gens qui combattront les côtés meurtrier et dangereux de cet antisémitisme.

Mais ce dernier perdurera. Au moins un bon moment. Et quant à Israël, en attendant que d'autres citoyens d'autres pays se rallient, les habitants d'Israël savent que l'inventeur du dôme de fer n'est pas seulement en train de leur sauver la vie au sens propre, il sauve aussi les palestiniens de la réplique qu'ils auraient reçu si les roquettes de leurs dirigeants irresponsables avaient fait les dégats qu'elles sont capables de faire, et il permet de rendre ce moyen d’attaque obsolète, ce dont peut bénéficier l’humanité entière. 

Les habitants d'Israël ont la routine dérangée, et l'esprit contrarié par cette guerre mais ils savent qu'ils sont protégés, ils voient et entendent que les gens aux commandes ne cherchent ni à venger, ni à tuer, ni dans leurs actes ni dans leurs déclarations, et ils savent que demain existe.

Et demain permettra de continuer à développer ce qui s'est développé jusqu'à hier.


Je suis heureux d'en être. Et il reste de la place. Et c’est vrai qu’en France aussi on peut se développer, et qu’il y a beaucoup de gens sympas. La question est de comment il est adéquat ou inadéquat d’y vivre quand on a envie de pouvoir intégrer son judaïsme à son mode de vie. 

vendredi 11 juillet 2014

La règle du jeu


Paradoxalement je trouve qu'il est presque plus dur en ces temps de ne pas recevoir de roquettes que d'en recevoir. Bien entendu, au correctif près : "dans les actuelles règles du jeu - c'est à dire un jeu visiblement orchestré par une instance supérieure qui veille à augmenter la capacité de la technologie et à pallier à ses imperfections". 

Dans ces conditions, à Jérusalem, dans une maison équipée d'un espace protégé, je me berce de l'illusion que je préfère entendre les roquettes, que savoir qu'il en pleut ailleurs et vivre ma vie comme si de rien n'était.

Ce jeu est très impressionnant, surtout quand on en lit les règles avec quelques lignes de Psaumes entre les paragraphes :

- il faut se protégér, faire absolument tout comme si le danger était majeur. Cela veut dire courir vers l'espace protégé dans les limites du temps imparti. Tu n'as pas d'espace protégé construit à cet effet ? Dans une pièce intérieure ou dans la cage d'escalier. Tu ne te trouves pas dans un batiment ? Courir se mettre à l'abri du mieux que l'on peut ? Pas d'abri aux alentours ? Se coucher par terre les mains sur la tête.

Si tu respectes ces règles, il y a quelque chose  (appellerait-on cela un ange que l'on risque automatiquement de déclencher le rire chez le cartésien de service, mais quel autre nom pourrait mieux s'appliquer ? ) qui vient rajouter son grain de sel : la roquette tombe à côté de toi mais providentiellement, n'explose pas. La roquette tombe mais dans le jardin à côté du bâtiment. La roquette tombe, mais c'est pile à l'endroit où tu étais avant de te précipiter dans l'abri.

Autrement dit, si tu joues le jeu, ça a de bonnes chances de marcher. Et nul doute que quand ça marche, ça ne fait pas qu'impressionner, ça regonfle les batteries. 

Ça n'est pas la version juive du triste got mit uns, ou le discours enflammé de l'illuminé de service, c'est juste le produit de l'observation des derniers jours.

Ce sont des situations où les yeux voient des choses différentes de ce que nous montre le quotidien.

Malheureusement, je ne vois pas que je pourrais être un journaliste ou un politique. Parce qu’au quotidien je serais très à gauche, très porté au dialogue, à l'empathie, à comprendre la position de l'autre. Alors qu'il vaut mieux ces jours-ci que je n'aie pas à croiser trop d'individus que je puisse imaginer avoir des sentiments positifs à l'égard du Hamas.Et donc, il vaut mieux que je ne sois pas tenu à rester fidèle à une ligne, comme des Amira Has, des Gideon Lévy ou des Menakhem Klein. Je les plains s’ils sont comme moi, influencés par la situation.  

Cette polarisation fait-elle aussi partie du jeu ? Les miracles se produiraient-ils aussi si nous faisions des courbettes, si nous restions fidèles à un discours victimaire concernant les arabes au lieu d'envoyer des bombes (ciblées, précises et avec pincettes) ? J'ai envie de répondre par la négative.

J'ai envie de rester persuadé que ces affrontements viennent nous rappeler que « conciliant conciliant, merci de ne pas exagérer ». 

On a aujourd'hui sans aucun doute affaire à la situation dite : " qui vient te détruire, tire le premier" ( ou en hébreu הבא להורגך השכם להורגו maxime rabbinique sur Bamidbar 25), et être conciliant n'est pas de rigueur.  

En revanche, Il fait peut-être partie des mêmes "miracles" que Lieberman ait rompu son alliance avec le likoud la veille du début de cet affrontement. Il nous vaut mieux gérer cela sans un oiseau de son espèce, sans extrémisme démesuré.

La brute sauvage qui a commis l'assassinat de l'adolescent de Shouafat n'est pas le miroir des deux qui ont enlevé puis assassiné nos trois adolescents. 

Ces derniers sont des combattants zélés, mais de pâle envergure, de sinistre espèce. Ils sont des terroristes et méritent peut-être, eux les exécutants, d'être exécutés, mais seulement  si c'est le résultat du jugement qu’il recevront bientôt je l’éspère.
Ils sont du calibre d'Abou Mazen ou d'Abdallah Abdallah ou autres figures palestiniennes qui se sont livrés ces derniers jours à des jeux à la Dieudonné, l'un expliquant que le crime de Shouafat est - restez assis, ça vous évitera de vous blesser en tombant  - la nuit de cristal des palestiniens, l'autre expliquant comment cet acte est le reflet de la mentalité juive. Ces oiseaux sont des pantins antisémites qui cherchent comment exploiter au mieux toute situation pour plaider ce qu'ils estiment être leur cause. C'est ce qu'a n'a cessé de faire Arafat, c'est ce que continue de faire Abou Mazen, indépendamment des réels besoins d’un peuple dont ils ne se préoccupent nullement. 

Les dirigeants du hamas sont d'une autre espèce, celle de ceux qui prennent des initiatives meurtrières au nom d'un idéalisme belliqueux, fondamentaliste, et qui entrainent derrière eux une partie plus ou moins grande de l'humanité. 

La brute de Bet Chemech est venue redonner les proportions. Oui, même le peuple juif, même la fraction qui étudie la Torah peut atteindre de pareils excès de pensée, et surtout d'action, mais il est aussitôt désavoué, réfuté, condamné par la société entière. Une société qui doit encore apprendre à surtout ne plus produire de deuxième exemple de cette bassesse, mais qui ne l'approuve en aucune manière.

Le peuple de Gaza doit choisir s'il veut être mené par cet extrémisme de la haine et du fanatisme, et en attendant ses dirigeants, élus ...! , ne méritent pas jugement mais d'être frappés sans pitié.

C'est peut-être aussi une des règles du jeu. De savoir le faire sans bavures, mais à condition de savoir le faire, et de le faire.

J'ai l'impression que c'est ce que nous faisons, et cela reçoit mon approbation (même si personne n'en a besoin).

J'ai l'impression que c'est le jeu. Notre rôle, les passifs, n'est pas de couper les citrons à la mi-temps, ni d'applaudir, et surtout pas quand on entend que x ou y ont trouvé la mort. Notre rôle est de protéger les nôtres, de nous mettre à l'abri,  d'insérer les phrases de Psaumes entre les paragraphes de la règle du jeu, et de garder le moral.

Shabbat shalom !

jeudi 10 juillet 2014

Quelques réflexions à chaud


C'est vraisemblablement plus pour moi-même que pour quiconque autre que j'écris, mais je le fais quand même, ayant quand même l'impression que je réussirai peut-être à rajouter un tout petit peu.

Donc l'affrontement actuel.

Apparemment, tous admettent qu'il a été provoqué par le hamas, l'assassinat de l'adolescent arabe de Shouafat n'ayant été qu'un prétexte.

Un peu partout, il est possible de lire que le hamas a engagé ce nouvel échange du fait de sa faiblesse, comme en acte désespéré, comme en cadeau de départ. Il est clair que l'acte n'a que peu de rationnel, il est clair que même s'il doit avoir des pertes humaines, cela ne constitue pas une raison suffisante pour le hamas à freiner ou stopper les combats, il est clair que ce nouvel affrontement va occasionner énormément de casse, énormément de dépenses, alors que tout cet argent aurait pu tellement mieux être utilisé à bâtir, mais il est non moins clair que ces arguments ne pèsent pas dans la balance des décisionnaires de Gaza.

Le bouclier de fer

On voit bien comment non seulement le "bouclier de fer" est efficace, mais comment en fait l'affrontement sert tout autant de champ d'étude gratuit - qui va permettre son amélioration et son perfectionnement - que d'outil de protection. Les roquettes tout en restant des armes potentiellement meurtrières, sont ramenées à l'état de mouches dont la présence rend la vie pénible mais qu'il est possible d'écarter de la main.

Le "bouclier de fer" pousse paradoxalement à accréditer les thèses de ceux qui considèrent Israël comme l'entité violente face aux faibles opprimés : de son fait, les roquettes ne font pratiquement aucun dégat. Elles ne sont inoffensives  uniquement que du fait du système de très haute technologie développé par Israël pour les neutraliser. C'est par ailleurs le recours à la même très haute sophistication technique qui permet non seulement de faire des frappes aériennes très très précises, mais en outre, d'avertir les occupants civils non concernés afin qu'ils puissent se pousser sur le côté à temps.


Occupation, impérialisme ou islamisme.

Et donc, on reste quand même en droit de se demander pourquoi le hamas se ridiculise-t-il à ce point ?

On croirait un concours de bites : "Je peux pisser encore plus loin ! Jusqu'à Haifa ! Regarde-moi !"

On a envie de lui conseiller d'arrêter de faire ça et on sait bien que la situation ne peut pas exister ainsi : il n'y a personne à conseiller, personne qui ne va écouter tel ou tel conseil, personne avec qui parler.

C'est la situation du puits de Joseph : vide d'eau mais rempli de serpents et de scorpions. Va dialoguer avec un nid de vipères !

Les vipères ne veulent rien d'autre que chasser des proies, tandis que l'islamisme est ici ce qui anime ces vipères.

Quelqu'un est-il encore dupe ? Quelqu'un croit vraiment que "la pauvre population de Gaza opprimėe par l'occupant" soit même le prétexte à l'actuel affrontement ?

Y a-t-il besoin de montrer les camions qui livrent nourriture et essence à gaza en provenance d'Israël ? Y a-t-il besoin de démontrer que la population de Gaza souffre bien plus de ses dirigeants que d'un quelconque occupant ?

L'occupant en question n'est pas coupable d'occuper ce territoire, dont il s'est désengagé il y a déjà bientôt 10 ans, il est coupable d'occuper la terre d'Israël.

Et si on parle d'occupant, ce n'est pas la population elle-même qui tient le discours de l'occupant, ce ne sont plus que les dirigeants et la presse occidentale. Les populations dès qu'elles sont autorisées à parler, à se faire interviewer, tiennent un tout autre discours, les populations que rencontre l'israélien moyen que je suis ne parlent pas de cela, ne souhaitent pas chasser un occupant. 
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La moralité d'Israël.

L'annonce de l'enlèvement puis de l'assassinat des trois adolescents a été ici suivie d'une ambiance massive de recueillement, de solidarité, de soutien, de haut niveau de moralité et de respect à presque tous les niveaux. Une ambiance qui s'est maintenue même après la découverte des corps.

L'annonce de l'assassinat de l'adolescent de Shouafat a énormément plus torturé l'opinion. Entre ceux qui ne pouvaient admettre qu'un juif ait commis pareille horreur, et ceux qui étaient sûrs au contraire que la société contient bien de pareilles mauvaises herbes.

Il n'y a pas de communiqué officiel mais les résultats semblent nous placer à mi-chemin entre ces deux extrèmes : le coupable serait un adulte issu d'une famille ultra orthodoxe, à la situation mentale instable, ayant opté ces derniers temps pour l'affiliation à des courants extrémistes anti arabes, et ayant entraîné des membres mineurs de sa famille dans un acte insensé. 

Cela tendrait à montrer qu'aucune société n'est à l'abri d'abriter en son sein les pires individus. La condamnation est par contre pratiquement unanime, le peuple juif, même si à lui de devoir parfois admettre qu'il n'est pas stérile, le peuple juif n'adopte pas de conduite immorale par idéologie.

Le peuple juif ne sort pas danser sur les toits ou dans la rue quand il apprend la mort de ses ennemis, le peuple d'Israël ne bombarde pas aveuglément les populations civiles. 

Au moment où j'écris ces lignes, les sites d'information annoncent que 100 000 palestiniens habitant le long de la frontière viennent de recevoir chacun un appel téléphonique leur enjoignant de quitter
 immédiatement leur habitation, signe que l'opération aérienne va laisser la place - ou va être augmentėe - à une opération terrestre.

Elle coûtera très certainement la vie à des innocents, d'un côté, pauvres enfants qui ne se trouvent en uniforme que pour faire le devoir, qui ne souhaitent pas tuer mais se développer et avancer dans la vie comme adultes, de l'autre côté innocents qui n'auront pas eu le loisir, le droit ou la présence d'esprit de ne pas se trouver sur la trajectoire des projectiles meurtriers. Ceci, bavures non comprises.


Fasse le ciel que cette nouvelle phase soit accompagnée des perfectionnements techniques qui     permettront que le coût soit le plus réduit possible et que toutes les populations retrouvent le droit de vivre une fois que les dirigeants qui se livrent à leurs piteux concours auront été réduits au silence.  


lundi 7 juillet 2014

Appel à rompre le silence. קריאה לראשי העם



טקסט בעברית בא אחרי הגרסה הצרפתית

La pilule est terriblement indigeste. Et elle semble ne pas avoir passé. C'est le silence sur les ondes.

Silence de l'information officielle, sous interdiction de publication, silence des penseurs et des rabbins, apparemment sous effet de stupéfaction.

Ce n'est pas le silence des détracteurs qui ont déjà écrit sur tous les murs que « ce n'est pas étonnant comme crime », « c'est bien à la manière des juifs », et ce n'est pas le silence de la rue arabe, qui se retrouve déchaînée, de haine, de rage, de victoire, de revendications.
Pour cette rue et pour les détracteurs sus nommés, le triple assassinat est déjà oublié depuis longtemps. Les hébreux sont coupables, et en tant que juifs, et en tant qu'occupants, et rien de cela n'a quoi que ce soit à voir avec les évènements des semaines précédentes.

La vérité est qu'effectivement cette pilule, que des juifs israéliens portant kipa viennent d'assassiner un adolescent arabe de la pire et la plus sauvage manière, n'a rien à voir avec ces événements.

C'est un drame qu'aucune actualité antérieure ne saurait justifier. C'est un échec grave d'éducation, de transmission d'identité.

Là est le fondement de l'identité juive : prendre sur soi de respecter la Torah, c'est à dire se comporter comme le recommande et l'exige la Torah, même quand les instincts, les évènements et les sentiments semblent exiger le contraire.

Le fondement suivant est que le père juif a surtout obligation d'enseigner cela à son enfant, et le fondement suivant est que c'est sur la façon dont se comporte son enfant qu'il doit se juger.

C'est vrai pour le juif qui vit partout dans le monde, c'est vrai au centuple pour le juif qui participe à l'établissement d'une société juive, en Israël qui plus est.

Le débat sur les circonstances est obsolète. Rien ne justifie de se comporter ainsi. C'est pire que le cas Ygal Amir, qui d'une part a tué un juif, et d'autre part a cru agir au nom d'un principe de halakha. C'est pire que le cas Baroukh Goldstein qui lui aussi a agi au nom d'une idéologie.

Les assassins de cet adolescent sont ce que la société israélienne a su aussi produire : des délinquants dénués de jugement et ne sachant agir qu'au rythme de leurs instincts.

Ils sont une partie du miroir de notre société , et il ne nous appartient uniquement de les juger puis de les détruire ( des voix rabbiniques se sont faites entendre dans ce sens), il nous appartient surtout de nous occuper du principe au nom duquel ils ont réclamé la peine de mort. ' וביערת הרע מקרבך״ . Extraire le mal d'entre le sein de la société ne veut pas dire mettre à mort tel ou tel individu, ce serait trop facile. 

Extraire le mal consiste à oeuvrer au chapitre éducatif, et social, et politique pour que de pareilles situations ne se produisent pas.

La société d'aujourd'hui a permis que ceci se produise et c'est à elle de faire en sorte que cela n'ait plus jamais lieu.

Les parents des trois adolescents juifs assassinés le mois dernier qui se sont illustrés d’une conduite exemplaire, de morale, de retenue, de dignité et d’altruisme méritent plus que la considération, il suscitent l’admiration, ils sont le reflet d’une partie de la société qui existe elle aussi, mais ils ne sont pas aux avant postes.

La société et ceux qui déterminent sa santé et son niveau, ce sont les individus, mais ce sont non moins ses dirigeants, politiques, hommes et femmes d'état, juges, policiers, soldats, enseignants, ceux qui sont en première ligne.

Ceux-là n'ont à accuser personne. Ceux-là ont peut-être à faire amende honorable mais c'est l'affaire privée de chacun. Ceux-là ont surtout à prendre la mesure de leur responsabilité pour la suite des évènements.

Un président déviant sexuel, un premier ministre corrompu, un grand rabbin d'Israël les deux à la fois, un haut gradé de la police ayant succombé aux pots de vin, ont des effets désastreux sur le niveau d'une société entière.

Ils doivent payer pour leurs propres fautes, et je suis fier de vivre au sein d'une société qui jugent ces gens et n'a pas peur ni de les condamner ni de mettre les peines à exécution, mais cela n'est suffisant que si leur jugement irradie, que si l'appareil produise aussi la réparation. Si le suivant qui reçoit le poste est aussi corrompu que celui qui en a été chassé, ne servait à rien de le destituer.

Le communisme avait inventé l'auto critique, dont le stalinisme a montré la faiblesse : on attend de l'individu qu'il fasse son auto critique dans la société socialiste normale, et on aboutit rapidement à le torturer pour qu'il avoue ses fautes dès que le système se stalinise.

On a appris de Lévinas, qui disait ne l'avoir appris que de la Torah, que le mot clé n'est pas l'auto critique mais la responsabilité, pour soi-même aussi mais avant tout pour autrui.

La Torah nous apprend - par l'intermédiaire du talmud - que si le meurtrier involontaire est envoyé en exil dans la ville de refuge, son maître doit être exilé avec lui.

J'attends des enseignants des coupables de l'assassinat de l'adolescent de Shouafat qu'ils prennent la parole.

J'attends de Katsav qu'il cesse de plaider son innocence mais qu'il trouve le courage de se regarder en face et de regarder celles dont ila abusé.

J'attends de Olmert qu'il cesse de mettre tout en oeuvre pour passer le moins de temps possible en prison, et qu'il dise : j'ai reçu des pots de vin.

Hokeakh tokhiakh et' amitekha. Notre Torah interpelle l'individu et lui demande de prendre ses responsabilités envers autrui.

הצפרדע בלתי אכיל. כל כך לא ניתן לבלוע אותו שהמצב הכללי הפך לשתיקה רועמת.

שתיקה של התקשורת הרשמית, תחת צו איסור פרסום. שקט בעיקר של הוגי הדעות, הרבנים והאינטלקטואליים. 

איפה ישעיהו לייבוביץ ? איפה אבי רביצקי ? איפה דוד הרטמן ? אבל מוטב לשאול איפה הרב הראשי ? איפה פרופסור לורברבאוים ? פרופסור אסא כשר ? איפה פרופסור גל נור ? איפה רענן קולקה ? איפה יולנדה גמפל ?
שונאי ישראל אינם שותקים. הם מיד כתבו על כל הקירות ש"זה בדיוק מאפיין יהודים". הרחוב הערבי אינו שותק, אלא שהוא רועש, צועק, מתלהם.

אין זה מפתיע אבל אין זה העיקר.

העיקר הוא שמה שקרה הוא כשלון. כשלון חינוכי, כישלון לאומי.
אם יהודים צעירים – בשולי החברה הדתית, חוללו כזו זוועה, זה כשלון של כולנו.
אם להיות יהודי פירושו לקחת על עצמו לנהוג על בסיס התורה ולא על רגשות, דחפים או נקמות למיניהם, על אחת כמה וכמה על חברה יהודית לחפש להתקיים על ערכים אלה, על אחת כמה וכמה חברה ששואפת לקיים את המצב הזה בארץ ישראל.

על הפושעים הנתעבים להיות נשפטים, עליהם לשלם על פשעיהם, אבל אם נשמעו קריאות מטעם "וביערת הרע מקרבך" אין כל ספק שלא די במשפט צדק את אלה.

יש לבער את הרע. עבודה קשה פי כמה.

הורי הנערים שנרצחו בחודש האחרון הדהימו את כולם בכבוד שלהם, באיפוק שלהם, באלטרואיזם שלהם, אבל לא די בכך, לא די בהתנהגות ראויה לשבח אצל אזרחים.
על החברה, על מנהיגיה, הוגיה, מחנכיה, שופטיה ושוטריה ומדינאיה לפעול כך שהדבר לא יישנה.
לא עליהם להכות על חטא, עליהם לפעול כדי לשנות את המצב הנתון הקשה מנשוא הקיים היום בחברתנו, אם היא מניבה פירות מעין אלה.

הסוציאליזם המציא את הביקורת העצמית וזאת הפכה לבדיחה גרועה מהרגע שהסטליניזם צמח מקרבה.
לווינס לימד אותנו – ואת הדבר הוא היה בעצמו מייחס לתורה עצמה – שלא הביקורת העצמית היא מילת המפתח, אלא האחריות היא מילת המפתח.
לא אחריות לעצמי, אלא אחריות לזולת.

התורה מלמדת אותנו – באמצעות התלמוד – שלא רק הרוצח השוגג הוגלה לעיר המקלט, גולה רבו יחד איתו.

אני מצפה מהמחנכים והרבנים  של הרוצחים של הנער משועפט לקום ולדבר. אני מצפה מנשיא המדינה שיושב בכלא על פגיעות מיניות שיקום ויגיד בקול רם "אני עשיתי ומבקש סליחה" במקום לזעוק את חפותו נטולת הבסיס. אני מצפה מראש הממשלה לשעבר שיסתכל ישר ויגיד "אני קיבלתי שוחד" במקום לחפש בכל דרך אפשרית לשבת כמה שפחות זמן בבית הסוהר. אני מצפה מהרב הראשי לשעבר שיודה בגנבותיו, אני מצפה מקציני המשטרה שיודו בקבלת שוחד.

רק כך תצליח אולי החברה לא רק לשפוט את הפושעים, אלא להגיע לזה שהבאים אחריהם לא יהיו אותם פושעים, אותה כלה בשינוי אדרת.

"הוכח תוכיח את עמיתך". על העם לקרוא לעומדים בראשו ולדרוש מהם להתייצב מול האחריות המוסרית האישית של כל אחד מהם. רק כך יהיה סיכוי לתקן את המעוות.


lundi 30 juin 2014

Et Vahev ? toujours bessoufa ?


Et si nous reparlions de cette envolée poétique.

Je suis en fait chaque année de plus en plus interpellé par cette percée poétique qui jaillit du milieu de la paracha Houkat.

M'interpelle à nouveau et en particulier cette année la difficulté de cohabitation à mes yeux entre cette poésie et le contexte guerrier. 

Je ressens pour une part le soulagement maintes fois vécu d'être passé d'un pays dont le chant national est un hymne guerrier et sanguinaire, à une nation dont le chant national ne parle qu'espoir, souvenirs, monde intérieur, et autres nobles sentiments, et je retombe année après année sur ce poème de la paracha Houkat, qui me parait géant, mais inéluctablement d'inspiration guerrière, suscité par de brillants faits d'arme. 

Et comme si le texte ne suffisait pas, les commentaires viennent abonder dans les descriptions des effets dévastateurs et morbides de cette guerre à laquelle se mêle le Créateur.  Montagnes s'entrechoquant, guerriers embusqués, corps broyés entraînés par l'eau. 

De quoi cette poésie vient-elle témoigner ? De la puissance de ce Créateur, vécue au plus haut degré à travers guerres et tremblements de terre ? Est-ce là le secret de l'inspiration ? Passions ? Violence ? Processus primaires ?

"Et si récits de victoire, chants de hauts faits guerriers n'étaient autres que pâles retranscriptions de batailles internes entre nous et notre pire ennemi qui ne serait autre que nous mêmes ?" Écrivais-je il y a un an.

"De qui pourraient bien parler les poètes ? Ils louent très certainement le Créateur de troutes choses, qui leur donne de fantastiques sources d'inspiration, ils chantent les beautés de ce bas monde qu'elles soient vivantes ou inanimées, immobiles et figées ou emportées par le rythme et le mouvement. Ils font ainsi vibrer leur amour et leurs émotions, ils les font se poser sur telle femme, tel souvenir." Poursuivais-je, tentant de relativiser l'entrain pulsionnel guerrier par l'attirance libidinale, la nostalgie. 

Comment concilier poésie et passion ? la première serait-elle obligatoirement consécutive à la seconde ?

La poésie est une sorte de forme la plus aboutie du langage, de l'expression verbale. Elle est processus secondaire par excellence. Elle est travaillée à l'excès. Elle est multicouche, tel mot apparaissant pour lui-même, ses sonorités, ses rythmes, et aussi figurant l'image concrète qu'il appuie, souvent comme en sorte de message codé. 

Comme s'il fallait évoquer le rocher pour figurer la puissance et la dureté de notre intérieur, comme si le torrent tumultueux n'était que métaphore du jaillissement pulsionnel, comme si le désert n'était étendue non habitée qu'en apparence, que de façon métaphorique.

Alors que j'accentuais l'an dernier jaillissement et expression verbale, voici que cette année d'autres notions, corollaires des précédentes, sont venues au devant de la scène grâce au cours mensuel du rav Epstein : ainsi, si "soufa" renvoie à tempête, ce mot ne renvoie  pas moins à la finalité, et même, en le sollicitant un peu, au rivage. "Sof", "safa". 

Le talmud (Kiddouchin 30 b)  voit dans ce vers mystérieux, intraduisible  "et' Vahev bessoufa" l'évocation d'une psychologie juive : "dit Rabbi 'Hyia bar Abba, de même que le père et l'enfant, le maitre et l'élève peuvent devenir ennemis l'un à l'autre du fait de leur étude, du fait de la vie, et pourtant c'est l'amour qui l'emportera parce qu'il est écrit et' vahev be soufa. Ne lis pas "soufa", mais "sofa" ". Notre vers viendrait exprimer pour rabbi Hyia l'amour qui les relie, qui toujours refait surface, et qui retransformera leur conflit en situation positive. Comme s'il lisait le vers : "et l'amour (vahev) réapparait en fin de compte (bessofa)". Comme si cette psychologie prenait le contre-pied du complexe d'Oedipe, en vertu duquel c'est la jalousie, la compétition, et finalement la haine qui dominent surtout les situations intergénérationnelles.

Tant le sof, la limite, que le rivage, les lèvres, sont présents dans le récit de la naissance de Moshé soulignait encore Daniel Epstein, Moshé enfant caché puis livré à la mer des joncs (souf), déposé sur la rive (sefat) du fleuve. Moshé, enfant bègue, prophète sans éloquence comme aimait tellement à le dire ainsi Lévinas, Moshé devient poète lui aussi. Il entonne le Cantique de la mer rouge, après avoir assisté au paradigme du plus grand évènement de l'humanité : la transformation d'une entité opprimée en peuple libre de sa détermination et de son évolution à l'issue d'une guerre longue, difficile et meurtrière.

D'après le zohar, ce sont pourtant ces  transformations de l'humain qui sont les "milkhamot hachem" par excellence. Ce sont les guerres fondamentales, celles de l'évolution et de la progression, celles qui sont en fait non le produit des armes mais le produit du langage, celles qui peuvent apporter à l'humanité bien plus que le fondamentalisme armé. Peut-être ainsi Moshé ne loue-t-il pas moins les faits d'arme du Créateur, que les victoires que lui-mpeme se sent avoir remportées, sur Pharaon en premier lieu, mais sur sa propre personne également ? Lui, le bègue étant devenu non seulement pourvu d'éloquence, mais capable de poésie !

Etre juif est fondamentalement lié aux mots, au langage rappelle Amos Oz dans son dernier livre. Etre juif est plus une affirmation d'affiliation au livre qu'à une identité génétique. S'il y a un sang juif, c'est celui avec lequel il est possible d'écrire. Ecrire des commentaires, écrire de la poésie. Avoir le support écrit comme référence.

C'est vraisemblablement de ce désert qu'il est question dans notre poême. Désert de parole, d'où emerge la parole. Désert qui peut refleurir. Comme semble l'indiquer la suite du poême :"oumicham beera". Et de là, au puits. Comme pour dire peut-être que c'est de ces mots, non seulement que peut se réinstaurer l'amour, là où la haine s'était installée, mais c'est des mots que jailliront l'inspiration, la croissance, l'aboutissement.

Peut-être les enfants d'Israël n'ont-ils pas réalisé combien ce chant qui sortait de leur bouche était prémonitoire, combien le poête est prophète.

Comment auraient-ils pu savoir que tout dans cette paracha Houkat est prophétique, annonce la suite ? : la mort de Myriam, la mort de Aaron sont la fin de cette époque de 40 ans de désert qui a été le creuset de leur histoire. Le serpent d'airain annonce le caducée. Et le poême annonce la suite de l'histoire. 

Une histoire qui viendra peut-être montrer que le désert géographique peut être moins désertique que son homonyme spirituel, fussent les contrées habitées. Tout au long de la période des Juges, période désertique s'il en fut, tant pour ce qui est de la paix, pour ce qui est de la construction de la société, pour ce qui est de la parole (au cantique de Déborah près, qui n'est pas une excéption mais l'équivalent du oued qui soudain jaillit, inonde, mais derrière lequel réapparait néanmoins la même sècheresse), le peuple semble être en chute libre. Et ce n'est qu'avec l'arrivée de Shmuel, consacré par voeu, par les mots, que la vitalité réapparait, portée à son apogée par David puis par Salomon.

Et je demandais aussi l'an dernier : "Mais de qui ces muses seraient-elles l'élément déclenchant sinon de l'individu lui-même ? Avant d'être inspiré, ne se sera-t-il pas senti déssêché ? Au cours de son exercice de production de son ouvrage, n'aura-t-il pas maintes fois presque succombé au découragement, n'aura-t-il pas été comme déchiré ? Compressé, angoissé comme pris dans l'infractuosité de la roche, comme enserré au creux du défilé et sans espoir ?"

Déborah, Shmuel, David, Salomon ont-ils réellement étė pour eux-mêmes ou n'ont-ils été que des paradigmes des tourments et des aboutissements de l'humain ?

Qu'est-ce qui permettra à notre production verbale, culturelle, d'être autre que celle de Déborah, prurit qui produit exceptionnellement, qu'est-ce qui fera qu'elle soit l'agent de transformation durable de la sècheresse en source vive, agent de mutation de ce qui était comme prisonnier et qui se libère et coule comme un torrent furieux ?

Je poursuivais sur le sefer Bamidbar, que j'imaginais quatrième essai sur le thème de création, après Beréchit, Chemot et Vayikra :"Et si le séfer Bamidbar, qu'il est licite de nommer "Nombres" en français, puisque le recensement des israélites y apparait quand même par trois fois, ne recelait pas un autre sujet, dissimulé dans ce premier mot signifiant du livre ?

Si ce désert dans lequel ont peut-être vraiment vécu nos ancêtres pendant 40 ans ne pouvait-être par ailleurs - et tout autant - la métaphore de la gestation de cette parole qui s'y est trouvée émise mais non encore entendue, acceptée avant d'être reçue, source d'acte antérieur à la réflexion et cependant acte réfléchi ?

Si c'était ainsi de cette parole qu'il était principalement question dans tout ce livre, qui pourrait alors être vue comme encore une autre facette de ce qu'est cette Création. Création d'un univers, création d'une mosaïque de peuples, création de ce qui va forger une identité collective, mais aussi création de la parole.

Création par la parole mais principalement création d'un être parlant, d'un peuple parlant.

Création comme installation des éléments à travers lesquelles s'exprimera cette parole. Voeux, ferveur, suspicions, accusations, revendications, supplications, récrimination, médisance, bénédiction, argumentation, discours, et aussi prophétie, poésie, et même parole qui sort d'où il est le plus inattendu, parole qui ne sort pas et à la place de laquelle c'est un coup qui est donné, parole qui laisse la place au silence. Tous ceux-ci sont les scènes et les actes successifs de ce théâtre dont la scène est ce désert, dont le nom signifie "parole".

Lieu particulier ou lieu essentiellement signifiant ? 

Et je terminais en saluant Yahav, qui venait de naître, qui a maintenant un an et qui marche depuis cette fin de semaine. 


Vahev n'est autre que Yahev.  Et il n'est autre que ce qui est le paradigme de cette parole.

Aussi magistralement donnée que le passage de la mer rouge (mer des joncs, Yam Souf en hébreu, mais aussi souffa, tempête ) ou le don de la Torah . 

"Et' Vahev beSouffa veèt' hanekhalim Arnon".

Aussi potentiellemnt jaillissante que ne l'est la source qui se transforme en torrent tumultueux (éched), mais sujette à étranglement,  susceptible de parfois disparaître (Ar).

"Veéched hanekhalim acher nata lechėvet Ar".
Disparaître ou être dissimulée, appuyée sur sa provenance, sur sa paternité.

Mais de là  apparaîtra la source. "Oumicham beera".

Et se matérialisera le don, et à partir de lui, l'accès à la scène (bima) . Et de là, l'ascension, jusqu'au faîte (roch hapisga)..

"Oumimatana Nahaliel, ouminahaliel bamot, umibamot haguaï acher bissedéh Moav roch hapisga".

"Venichkafa mipné hayechimon".

Et cette fois encore, ces reflexions, ces variations sur les thèmes de ce flot de paroles n'auront atteint que l'enveloppe, que l'ourlet, que la rive du sujet.

Hadren alaikh.